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   Nous ne connaissons rien de précis des origines du village, la documentation nous manque, car, comme pour l’ensemble du pays niçois, nous ne disposons d’aucune information écrite avant l’an mille et les documents sont rares jusqu’au XIIIe siècle.

Nous devons nous rapporter à ce que nous apporte la tradition orale à laquelle nous ne pouvons accorder une confiance absolue.

Le témoignage le plus ancien date de 1860 et rapporte qu’il existait une très grosse agglomération à Gordolon au temps de Rome (la région de Gordolon se situe au centre géographique du bassin central de la Vésubie, en aval du confluent de la Gordolasque), qu’elle avait été détruite et que ses habitants se seraient séparés pour aller fonder La Bollène, Belvédère et Roquebillière.

Pour ces derniers, le premier site choisi aurait été vers le Caïre del Mel et Villevieille en rive droite, site abandonné après un tremblement de terre pour ensuite s’établir au bord de la Vésubie, au quartier la Bourgade, de nouveau abandonné à cause d’inondations et reconstruit sur la colline en face, en rive gauche à l’emplacement de Roquebillière Vieux.

Cette tradition d’un village itinérant est ancienne. Dans un article du 26 mai 1909 paru dans le Petit Niçois, le journaliste écrivait : « Payés pour ne plus croire aux installations durables et décidés désormais à ne dormir que d’un œil et un pied toujours levé, les habitants de Roquebillière s’installèrent sur la rive gauche, sans ordre sans goût, parce que sans foi dans l’avenir : c’était provisoire, c’est heureux parce que chez nous, le provisoire dure plus longtemps que le définitif, c’est presque la pérennité » . Ce dernier trait d’humour n’avait malheureusement pas lieu d’être, car le journaliste se trompait : l’article est écrit en 1909 et 17 ans plus tard, le 24 novembre 1926, un terrible éboulement, causant la mort de 19 villageois, mis en cause la présence de l’agglomération en ce lieu et provoqua un nouveau départ du village vers le plateau du Cros en rive droite où il a été reconstruit.



  Cette tradition orale ignore la présence, dans le bassin central de la Vésubie, de deux seigneuries ecclésiastiques. Le 16 février 1076, le seigneur Rostaing restitua à la grande abbaye niçoise de Saint-Pons, les revenus de l’église Sainte-Marie de Gordolon et les manses de Gordolon et du Gast (la région du Gast est en rive droite de la Vésubie, en face de Roquebillière Vieux). Puis, en 1141, l’évêque de Nice donna l’église du Gast à l’ordre militaire et religieux de Saint-Jean de Jérusalem, appelé également Hospitalier et, plus tard, ordre de Malte.

La liste des taxes synodales du XIIe siècle ne mentionne que Gordolon et le Gast et si le nom de Roquebillière apparaît en août 1147 dans une charte, il faut attendre la liste des castra dressée vers 1235, pour y trouver la première mention d’un castrum de Roquebillière. Sans doute, la présence des deux seigneuries ecclésiastiques retarda la reconnaissance de Roquebillière comme communauté.

Le choix de la rive gauche pour y implanter le village historique doit avoir été principalement motivé par les deux raisons suivantes :

 - la nécessité de s’établir sur une terre hors des deux seigneuries, celle de Gordolon plus au sud et celle du Gast en rive droite ;

- cet emplacement est à la croisée des chemins, le chemin de Saint-Martin-Vésubie qui conduit en Italie par le col de Fenestre, le chemin de Lantosque pour se rendre vers Nice, le chemin de la Bollène qui conduit à Sospel (Sospel fut chef-lieu de la Viguerie pendant plus de cinq siècles), le chemin de Belvédère qui, par le col de Raus, relie directement la Vésubie à la Roya.

L’histoire de Roquebillière se confond avec celle du pays niçois. Après l’effondrement du pouvoir carolingien et l’apparition de seigneuries privées, le pouvoir central reprit la main au temps des comtes de la maison de Barcelone, puis de la maison d’Anjou. En 1388, la viguerie du comté de Vintimille et du Val de Lantosque à laquelle Roquebillière avait été rattaché, avec d’autres Vigueries (juridictions) et baillies (circonscriptions) de la Provence orientale, se soumettaient aux comtes de Savoie.

Nice devenait le port du Piémont et un important trafic de marchandises dont le sel parcourut la vallée apportant une certaine richesse aux villages.



 La géographie de la vallée imposait de traverser la Vésubie en face du village. Pendant de longs siècles, ce passage se faisait sur un pont de poutres, posé sur les berges peu élevées en cet endroit et, à chaque grossissement de la Vésubie, des pontiers devaient retirer les poutres pour éviter qu’elles ne soient emportées.

De nombreuses caravanes de mulets l’empruntaient. Aussi, afin d’en faciliter l’accès, un règlement de 1496 précisait que la lessive ne devait pas se faire sur le pont, du moins en ce qui concernait les torchons et les vêtements. La largeur de la vallée en ce lieu oblige de construire une longue passerelle pour franchir la Vésubie en toute période et l’État savoyard, suivant un schéma archaïque, ne finançait que très rarement les grands projets de voies de communication, laissant aux provinces et aux communes le soin d’apporter les fonds nécessaires, fonds bien sûr plus limités ce qui retardait le développement des infrastructures. Ce n’est qu’en 1846, soit il y a moins de deux siècles, qu’une passerelle fut lancée sur la rivière, assurant une liaison pérenne entre les deux rives. Cette passerelle dont le tablier en bois a été remplacé par un tablier en fer relie toujours l’ancien village à l’église Saint-Michel du Gast.

Vers 1750, Roquebillière obtenait l’autorisation d’organiser deux foires, le 10 octobre et le 25 novembre. De nos jours, les dates sont les mêmes.

Aux confins de la France et de l’Italie, le pays niçois paya un lourd tribut lors des nombreuses guerres qui contribuèrent à ruiner les villages et Roquebillière ne fut pas épargné.

En 1793 était créé le canton de Roquebillière qui comprenait également les communes de Belvédère, La Bollène, Saint-Martin et Venanson. Après 1814 et le retour de la contrée dans les États de Savoie, Roquebillière fut privé du titre de chef-lieu au profit de Saint-Martin-Lantosque, ce que Roquebillière contesta. Ce n’est qu’en 1904 que fut recréé un canton de Roquebillière, La Bollène et Belvédère par démembrement du canton de Saint-Martin-Vésubie.

L’éboulement de 1926 et la construction d’un nouveau village à partir de 1932 ont été une épreuve terrible. Les Roquebillièrois, aidés par de nombreux dons provenant de toute la France, ont su l’aborder avec courage et ténacité. Une nouvelle église remplaça la vieille église Saint-Michel du Gast, une nouvelle mairie fut construite ainsi qu’une nouvelle école auxquelles se sont ajoutés un collège, un hôpital, des équipements sportifs et bientôt un nouveau centre thermal, qui font de Roquebillière le point central de la vallée.


Texte : M. Alain OTHO

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Roquebillière, son histoire...